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Sitar : l’instrument classique de l’Inde

L’instrument le plus reconnaissable de la musique classique hindoustani du nord de l’Inde : histoire, cordes sympathiques, ragas et les meilleurs sitars à acheter.

Mis à jour : juillet 2026

Sitar, instrument à cordes classique de la musique indienne

Réponse rapide

Le sitar est l’instrument le plus reconnaissable de la musique classique hindoustani du nord de l’Inde. Avec entre 18 et 21 cordes — certaines visibles, d’autres cachées sous le chevalet —, il produit un son inimitable : profond, brillant et riche en harmoniques. George Harrison l’a introduit chez les Beatles. Ravi Shankar l’a fait connaître au monde entier. Voici son histoire complète.

Qu’est-ce que le sitar ? Histoire et origine

Le sitar (sitār en hindi) est un instrument à cordes pincées de la famille du luth. Son nom vient du persan se tār (trois cordes), bien que les modèles actuels en comptent entre 18 et 21. Il est né dans le nord de l’Inde au XIIIe siècle, sous l’influence de l’antique vînā indienne et du luth persan apporté par les Moghols.

Pendant des siècles, le sitar fut un instrument de cour, réservé aux musiciens d’élite formés selon la tradition du guru-shishya (maître-disciple). Il n’existait pas de partitions : toute la musique se transmettait oralement, de génération en génération, comme un secret sacré.

Le tournant occidental survint en 1965, quand George Harrison entendit Ravi Shankar sur le tournage de Help! et fut fasciné. Quelques mois plus tard, le sitar apparaît dans « Norwegian Wood » des Beatles. La contre-culture hippie adopte l’instrument comme symbole de spiritualité orientale, et Ravi Shankar devient le premier musicien indien à toucher un public de masse en Occident.

Comment le sitar est construit

Le corps du sitar traditionnel comprend ces éléments :

  • Calebasse (tumba) : la caisse de résonance inférieure, taillée dans une grande calebasse séchée. Certains sitars de concert ont une seconde calebasse en haut du manche.
  • Manche (dand) : long et creux, en bois de teck ou de palissandre, où sont placées les frettes.
  • Frettes (parda) : 19-20 frettes de laiton courbées et mobiles, attachées par un fil. Leur courbure permet les glissandos (meend) caractéristiques en tirant la corde latéralement.
  • Cordes principales (kharaj et jod) : 6-7 cordes d’acier ou de laiton passant sur le chevalet supérieur (jawari). Elles produisent la mélodie et les bourdons.
  • Cordes sympathiques (tarab) : 11-13 cordes plus fines qui passent sous le chevalet et vibrent par résonance, ajoutant l’éclat éthéré qui distingue le sitar des autres luths.
Musicien jouant du sitar lors d’une performance de raga classique

Comment ça marche : la technique du sitar

Le sitariste s’assoit au sol, jambes croisées, en appuyant la calebasse sur la cheville gauche et en tenant le manche presque horizontal. À l’index droit, il porte le mizrab, un plectre métallique en forme de crochet qui pince les cordes selon deux mouvements de base : da (vers l’intérieur) et ra (vers l’extérieur).

La main gauche presse les cordes sur les frettes et exécute le geste le plus distinctif du sitar : le meend, un glissando obtenu en tirant la corde latéralement sur la frette courbée, faisant monter ou descendre la note jusqu’à deux tons et demi sans lever le doigt. Cet ornement est la signature sonore de l’instrument.

La technique la plus exigeante est la maîtrise du jawari : la qualité de la taille du chevalet, qui donne au sitar son timbre nasal et bourdonnant. Un luthier passe des heures à ajuster le jawari aux préférences du musicien.

Les ragas : le cœur de la musique de sitar

Le sitar ne se joue pas avec des partitions occidentales. Son langage, ce sont les ragas, cadres mélodiques de la musique classique hindoustani qui définissent :

  • Les notes utilisables (et celles interdites)
  • La séquence ascendante (aroha) et descendante (avaroha)
  • Les notes accentuées et les ornements caractéristiques
  • L’état d’esprit (rasa) : sérénité, amour, héroïsme, terreur…
  • Le moment de la journée ou la saison où elle doit être jouée

Plus de 200 ragas sont documentées, même si les sitaristes en maîtrisent en profondeur 30 à 50 au cours de leur vie. Une performance traditionnelle commence par l’alap (exploration libre et sans rythme de la raga), suivi du jor (ajout du pouls) puis du jhala (crescendo rythmique), pour culminer avec la gat, une composition fixe entrelacée avec l’improvisation du tabliste qui accompagne.

Instrument à cordes classique indien sur un fond artisanal

Types de sitar

Il existe deux grandes familles de sitar, qui diffèrent par le nombre de cordes et le style de jeu :

  • Sitar Ravi Shankar (Imdadkhani) : le plus populaire à l’international. Il a 7 cordes principales et 13 sympathiques, avec deux calebasses. Privilégié dans le style Maihar gharana.
  • Sitar Vilayat Khan (gayaki ang) : conçu pour imiter la voix humaine. Il a moins de cordes sympathiques (9-11) et des frettes plus basses. Favori de musiciens d’influence vocale comme Shahid Parvez.

Pour débuter, le style Ravi Shankar est la norme dans la plupart des écoles et celui que l’on trouve sur les modèles d’initiation du marché.

Le sitar dans la musique occidentale et new age

Au-delà des Beatles, le sitar a marqué la musique occidentale dans plusieurs courants :

  • Rock psychédélique (1966-1970) : les Rolling Stones (« Paint It Black »), les Doors, Brian Jones… le sitar devient synonyme d’expansion de conscience.
  • New age et ambient : le bourdon continu du sitar et les ragas nocturnes s’accordent parfaitement avec la musique de méditation, de relaxation et de yoga.
  • World music : de Peter Gabriel à Anoushka Shankar, fusionnant jazz, flamenco et musique classique indienne.
  • Cinéma : bandes originales de Bollywood et de films occidentaux cherchant une ambiance orientale (Indiana Jones, Le Livre de la jungle de 1967).

Aujourd’hui, des artistes comme Anoushka Shankar, Niladri Kumar et Shahid Parvez maintiennent le sitar au premier plan de la musique classique et de la fusion mondiale.

Comment apprendre le sitar : guide pour débutants

Apprendre le sitar est un engagement de long terme, mais les premiers résultats arrivent plus vite qu’on ne le pense :

  1. Semaines 1-4 : posture correcte, mise en place du mizrab, cordage et accordage. Premiers exercices (paltas) de da-ra sur les cordes principales.
  2. Mois 2-3 : première raga simple (Yaman ou Bhairavi, courantes pour les débutants). Exercices de meend de base.
  3. Mois 4-6 : première gat (composition fixe) en teentaal (cycle de 16 temps). Coordination avec le tabla ou un métronome.
  4. Année 1-2 : maîtrise de l’alap, meend de deux tons, ornements comme le gamak et le krintan. Première performance publique possible.

La façon la plus efficace d’apprendre reste avec un guru ou professeur de sitar. En ligne, des plateformes comme Udemy ou YouTube proposent des cours de base, mais sans la correction de posture en temps réel qu’offre un enseignant en présentiel.

Comparatif : les meilleurs sitars à acheter

ModèlePrix approx.NiveauCaractéristiques
Remo Shankar Student 19F200-280 €Débutant19 frettes, teck, 7+11 cordes, housse incluse. Bon accordage d’usine.
Hiren Roy Standard350-450 €IntermédiairePalissandre, cordes d’acier de meilleure qualité, jawari plus soigné. Marque classique de Calcutta.
Atlas Student Sitar180-230 €DébutantOption économique accessible. Valable pour les 1-2 premières années. Jawari à ajuster parfois.
Kanai Lal Concert Grade700-1 200 €AvancéFabrication artisanale individuelle. Pour musiciens ayant 3 ans d’expérience ou plus.

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Questions fréquentes sur le sitar

Qu’est-ce que le sitar ?

Un instrument à cordes pincées originaire d’Inde, avec entre 18 et 21 cordes (7 principales et 11-13 sympathiques). C’est l’instrument le plus représentatif de la musique classique hindoustani du nord de l’Inde.

Combien de cordes a un sitar ?

Entre 18 et 21 au total : 6-7 cordes principales jouées avec le mizrab et 11-13 cordes sympathiques (tarab) qui vibrent par résonance, donnant ce brillant caractéristique au son.

Le sitar est-il difficile à jouer ?

Sa courbe d’apprentissage est exigeante. La posture, le mizrab et la maîtrise du meend demandent des mois. Les premières ragas simples s’apprennent en 3-6 mois avec des cours réguliers.

Qu’est-ce qu’une raga ?

Un cadre mélodique de la musique classique indienne qui définit les notes autorisées, l’état d’esprit et le moment de la journée où elle doit être jouée. Ce n’est pas une gamme fixe mais un système de règles pour l’improvisation.

Quelle différence entre sitar et tampura ?

Le sitar est l’instrument mélodique principal. La tampura est l’instrument d’accompagnement qui fournit le bourdon continu, avec seulement 4 cordes et sans fonction mélodique.

Qui est Ravi Shankar ?

Ravi Shankar (1920-2012) fut le sitariste le plus influent du XXe siècle. Il a fait connaître la musique classique indienne en Occident, collaboré avec George Harrison des Beatles et remporté trois Grammy Awards.

Quel sitar acheter pour débuter ?

Cherchez un sitar d’étudiant à 19 frettes, en teck ou palissandre, entre 150 et 300 euros. Des marques comme Remo Shankar, Hiren Roy ou Atlas sont de bonnes options. Évitez les sitars à moins de 100 euros.

Qu’est-ce que le mizrab ?

Le plectre métallique en forme de crochet que le sitariste porte à l’index droit, utilisé pour pincer les cordes avec des mouvements da (vers l’intérieur) et ra (vers l’extérieur).

Comment le sitar a-t-il influencé la musique occidentale ?

George Harrison l’a intégré chez les Beatles (« Norwegian Wood », 1965 ; « Within You Without You », 1967). Depuis, il apparaît dans la world music, l’ambient, la new age et des bandes originales de films.

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